~ le manifeste de GÉO ~ 

En 2018, Aliénor Chamoux, Jeanne Chauchat et Antoine Dupuy-Larbre se
rencontrent lors de leurs études en danse contemporaine à Paris. Leur première
performance Sans Titre n°84 marque le début d'une relation de confiance
entre les trois artistes et le tout premier balbutiement d'une recherche
dont les ramifications ne cesseront de s'étendre.

GÉO trouve sa génèse dans le fourmillement de la création de Sans Titre n°84 / dans le bouillonnement des références partagées ensemble / dans les élans de bonheurs de l'amitié trouvée et du goût artistique mutuel / dans la prise de conscience commune des enjeux des régimes oppressifs patriarcaux, raciaux, capitalistes et autoritaires / dans l'effervescence du XXIe siècle / dans les — plus d’air pour respirer. Et de l'espace. Il fallait (nous) donner plus d’air pour respirer et encaisser cette recherche passionnante de connaissances. GÉO devint le nom de code donné à ce dégoût lucide de l'individualisme, à ce repli nécessaire en groupe, à ce besoin fondamental de revenir à échelle humaine, sociale, à une volonté d'agir en partant de notre médium, le corps et la performance, à cet engagement collectif de reparler, repenser, recréer des espaces, des scènes, des chemins de traverse.

 

La série "Sans Titre" grandit à partir d'un doute : comment intégrer les nœuds et les épines des discussions de GÉO à des performances abstraites? Comment éviter le désengagement politique sur scène, le creux, l'insignifiant, le cafouillage, le trop plein ? L'idée est alors d'aborder le tout par le détail, et de penser chaque petite particule indépendante en dialogue avec les autres. Cet écosystème de performances et d'œuvres d'art dessinerait, au fur et à mesure, un paysage complexe d'infiniment petit, une pluralité de facettes intelligibles, une accumulation des possibles pour parler du tout, pour matérialiser GÉO.

 

Le collectif remet les phénomènes de narration au centre de ses préoccupations et tente de réintégrer un peu d'imaginaire, de merveilleux et d'espoir dans sa structure même. La guilde choisit un particule pour faire de GÉO une entité en mouvement vers des formes imprévisibles. GÉO c'est un projet d'étude, une maquette d'architecte, un bâtiment en construction avec ses grues et ses pots de peinture qui traînent. GÉO devint le projet GÉO et se souhaita de rester une utopie de travail perpétuellement inachevée.

 

Balbutiant son existence depuis ses débuts, la guilde de GÉO planche sur des projets de podcasts, d'événements, de performances, de festivals, de séminaires, d'écoles, d'université d'été, de café-librairie-théâtre, d'archivage, de collages, de livres, d'interviews, de trucs inutiles, de vidéos spontanées......

 

— janvier 2022 - photos: Antoine Dupuy-Larbre

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GÉO c'est une maison avec des labyrinthes, des tapisseries, des couleurs,
mais aussi avec des pièces toutes noires dans lesquelles on n'a pas envie de rentrer mais qui sont là, au cas où l'on changerait d'avis.

GÉO c'est la jouissance de trouver.

GÉO c'est la jouissance de l'oubli instantané.

GÉO c'est le goût de la première pêche que vous mangez.

GÉO c'est le homemade qualitatif, le DIY maîtrisé.

GÉO c'est faire.

GÉO c'est défaire.

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